Histoire

puce2 Les origines du mouvement

En 1949, l’Abbé Pierre, alors député de Meurthe-et-Moselle, vit dans une maison délabrée qu’il restaure à Neuilly-Plaisance en Seine-Saint-Denis en banlieue parisienne, c’est le 38 avenue Paul Doumer. Jugeant cette maison bien trop grande à son goût, il ambitionne d’abord d’en faire une auberge de jeunesse internationale. Nous sommes alors dans l’immédiate après-guerre, et l’ancien résistant souhaite œuvrer pour la paix de demain.
Mais très vite, l’Abbé Pierre découvre la misère des sans-logis et transforme l’auberge de jeunesse en un lieu d’accueil inconditionnel. Aidé de son amie Lucie Coutaz, qu’il connaît de la Résistance, l’Abbé Pierre loge et nourrit tous ces arrivants, hommes, femmes et enfants grâce à ces indemnités parlementaires.

En novembre 1949, les habitants de Neuilly-Plaisance amènent au bon père un homme qui vient de tenter de se suicider. Ancien bagnard, Georges Legay a perdu tout espoir. De la rencontre entre les deux hommes va naître l’idée fondatrice du mouvement Emmaüs : «Si tu n’as plus rien à faire de ta vie, confie la moi, je ne peux pas t’aider, mais toi, tu peux m’aider à aider.»
C’est la même année que le jeune abbé cloue à l’entrée du 38 un panneau « Emmaüs » du nom de ce petit village en Palestine où le Christ ressuscité est apparu à ses apôtres et leur redonne espoir.

Malheureusement l’Abbé Pierre ne peut pas faire vivre tout ce monde qui ne cesse de croître de ses seules indemnités. Un deuxième homme va apporter la solution économique fondatrice du Mouvement : Auguste Le Gall. « Je connais un moyen de récupérer de l’argent sans mendier, c’est la récupération, la biffe ».
Les chiffonniers bâtisseurs d’Emmaüs sont nés. Chiffonniers, car leur métier, c’est la « récup » et la débrouille, bâtisseurs, car le logement, c’est leur combat,et que tout l’argent récolté doit servir à construire des maisons.

« Agir pour que chaque homme, chaque société, chaque nation puisse vivre, s’affirmer et s’accomplir dans l’échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité» (extrait du Manifeste universel).
Les premières années sont extrêmement dures à Neuilly-Plaisance. Lucie Coutaz s’en rappelle comme « des années noires ». C’est à cette époque, que faute de place à Neuilly-Plaisance, l’Abbé Pierre ouvre un deuxième site, « la Réserve »dans une ancienne usine à gaz, qui deviendra la Communauté Emmaüs de Neuilly-sur-Marne.