Le Compagnon à Emmaüs, vu par un Compagnon

Le Compagnon à Emmaüs, vu par un Compagnon

« Je ne peux rien te donner, je n’ai rien. Mais toi qui as tout perdu, tu peux m’aider à aider les autres»

C’est avec ces paroles que l’Abbé Pierre a sauvé du désespoir Georges Legay qui est devenu le premier compagnon.

Neuilly-Plaisance est justement la première Communauté créée en 1949.

On devient Compagnon parce qu’on a besoin d’aide et de soutien. Aussi de sécurité, c’est le cas des sans-papiers. Le Compagnon est accueilli sans condition, sans distinction de race, de religion, d’âge. Il peut rester Compagnon quelques mois ou plusieurs années, même à vie. Mais il doit être acteur de sa reconstruction : en échange d’un toit, de repas, d’une allocation communautaire, d’un suivi social, il se doit de respecter les règles de la vie communautaire et se mettre au service de la communauté en travaillant selon ses capacités. C’est ce qui donne du sens à la solidarité, ce n’est pas un assisté.

On est ni salarié ni bénévole, on est compagnon, fier de l’être et chacun se doit de nous respecter.

Article écrit par Mohammed Admi, Compagnon à Neuilly Emmaüs Avenir depuis   2013.

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Astrid, Sylviane, Pascale, Didier et Alain – Bénévoles

Astrid, Sylviane, Pascale, Didier et Alain – Bénévoles

Pourquoi avons-nous fait ce choix ?

Retraités depuis peu ou disposant de temps vacant, nous avions envie d’activité et de vie sociale tout en conservant du temps pour nous.Certains d’entre nous souhaitaient pratiquer une activité très différente de celle connue au travail. De plus, les valeurs solidaires d’Emmaüs nous convenaient tout à fait: donner ce que nous avons en trop ( énergie, temps, objets) pour aider ceux qui en ont besoin.

Que faisons-nous ?

Nous avons décidé de consacrer une journée par semaine, ou deux demi journées, au bénévolat pour Emmaüs. Au départ,nous avons été affectés au tri de vêtements ( c’est là que nous nous sommes rencontrés). Si nous nous absentons pour des vacances, personne ne nous en tiendra rigueur! Mais si nous avons parfois plus de temps à donner, nous sommes toujours les bienvenus.

Nos activités se sont diversifiées au cours du temps, des besoins et des rencontres avec  les compagnons, les autres bénévoles et les responsables du site. Nous avons découvert plusieurs « métiers » et notre gratification est toujours la même: se sentir utile quoi que l’on fasse. A ce jour, Alain reconfigure des ordinateurs, Astrid et Sylviane aident à ranger le magasin de vêtements, Didier trie des vêtements apportés par les donateurs et Pascale aide au rangement de la mercerie. Nous travaillons  en binôme avec des compagnons qui eux sont là tous les jours et nous communiquent leur savoir faire.

Qu’avons-nous trouvé?

Nous avons trouvé une vraie vie sociale. Nous croisons la route de personnes que notre quotidien ne nous aurait pas permis de rencontrer et nous nous enrichissons mutuellement en partageant des tâches, mais aussi des paroles, des idées, des souvenirs aux parfums d’ailleurs, des rires et des repas pris en commun qui régalent nos papilles!( merci aux cuisiniers) La solidarité dans l’action, c’est vraiment bon pour le moral!

Article écrit par « Les Bénévoles du Mardi » (Astrid, Sylviane, Pascale, Didier et Alain)

 

Et vous?

Vous qui avez un peu de temps à donner, qui avez envie d’aller vers les autres, n’hésitez pas à passer la porte d’Emmaüs. On a besoin de vous, de vos compétences ou de votre envie, comme nous,  de faire autre chose ensemble et d’être simplement utile à une cause solidaire.

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Philippe – volontaire

Philippe – volontaire

Philippe est un volontaire allemand de 20 ans.

Comment as-tu connu l’association Neuilly Emmaüs Avenir ?

Quand j’ai eu mon Bac, j’ai manifesté mon désir de faire du volontariat. Puis j’en ai parlé à mon père qui a fait une recherche sur les organisations qui offrent du volontariat. J’ai suggéré la France car j’aime bien la langue française, et cela allait être une opportunité pour moi de la pratiquer.

Je n’avais aucune idée de ce qu’était Emmaüs au départ, mon père a pris contact avec différentes associations jusqu’à tomber sur Neuilly Emmaüs Avenir. Il a tout fait pour me trouver une place dans cette communauté.

Quelles-ont été tes impressions sur les activités ?

J’étais très stressé début, dû au fait que je ne parlais pas bien la langue. Ma première activité était le tri de textile avec Valentin (compagnon), j’ai été très touché par sa gentillesse, il parlait doucement et n’hésitait pas à répéter à plusieurs reprise pour me permettre de bien comprendre les consignes relatives au travail demandé.

Après avoir fait quelques semaines au tri, je suis passé ripeur (manutentionnaire), ce poste m’a permis de comprendre la manière dont est organisé le travail notamment la livraison. J’ai pu aussi constater que la circulation dans les banlieues parisiennes, est très différente du centre de Paris. Grâce à mon courage je suis passé très vite chauffeur. Ce dernier poste est sans doute ma plus belle expérience. Grâce à ce poste, j’ai pu me rendre compte de la difficulté du travail réalisé par les compagnons, de la collecte à la valorisation/réemploi, jusqu’à la vente.

Qu’est ce que ton séjour t’a apporté ?

Mes missions m’ont permis de développer mes compétences dans beaucoup de domaines. J’ai vécu une très belle expérience : j’ai rencontré des gens formidables de toutes nationalités, j’ai travaillé au cœur de la communauté, j’étais vendeur dans les magasins, j’ai été chauffeur aussi, mais le plus important pour moi ce que je suis devenu plus mature, avoir plus de confiance en moi.

J’invite les jeunes qui cherchent une expérience qui pourra changer leur façon de voir le monde tout en étant un acteur du développement et entraide local, de venir s’imprégner de la richesse de vie en communauté. Vous ne regretterez pas votre temps.

Finalement je suis content de dire que je suis devenu assez polyvalent.

Après 1 an de volontariat, alors qu’au début j’étais venu pour 3 mois, je ne regrette rien, par contre ça va me manquer surtout les compagnons.

 

Christopher – Emmaüs Synergie

Christopher – Emmaüs Synergie

« Nous avons choisi la communauté Neuilly Emmaüs Avenir car c’est là où a commencé l’histoire du mouvement ».

Dix ans qu’ils proposent aux jeunes des chantiers éducatifs, dans les rues des quartiers sensibles de Villiers, du Plessis, les aident à trouver un emploi, à reprendre le goût de se lever le matin et à gagner leur vie.

 Christopher est éducateur à Emmaüs Synergie.

« Notre service d’éducation a été créé à la cité d’urgence du Plessis.  le conseil général nous a demandé d’intervenir à Villiers, se souvient Eddy Thoreau, directeur d’Emmaüs Synergie. Nous sommes ensuite retournés au Plessis, puis à Sucy et à La Queue. A force de nous spécialiser dans le travail de rue, nous avons pris notre indépendance en 2003 vis-à-vis d’Emmaüs Paris. »

Des valeurs fortes

Chaque fois que nous avons des jeunes qui ont besoin d’un accompagnement de qualité, nous nous tournons vers Neuilly Emmaüs Avenir. C’est tout d’abord la première communauté crée et en terme d’expérience et qualité de suivi; nous nous tournons vers leur expertise pour :

– Conseiller les jeunes de la rue sur l’importance du travail

– Le respecte d’autrui

– La rigueur dans le travail

Mieux comprendre les vrais valeurs d’Emmaüs : l’accueil inconditionnel, quel que soit ton passé ou ton profil.

Par ses activités Neuilly Emmaüs Avenir met en avant l’insertion par activité économique; c’est tout d’abord un accompagnement dans l’emploi proposé par certaines structures à certaines personnes très éloignées de l’emploi afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle.

Dispositif

L’insertion par l’activité économique (IAE) est réservée aux personnes particulièrement éloignées de l’emploi pour favoriser leur insertion dans la vie sociale et professionnelle par le biais de contrats de travail spécifiques.

Pôle Emploi cible et oriente ces personnes vers des structures spécialisées en insertion sociale et professionnelle susceptibles de leur proposer du travail.

Un salariés embauché dans le cadre d’une IAE bénéficie, notamment avant de sortir du dispositif, d’un suivi et d’un accompagnement renforcés (évaluation, ateliers de recherche d’emploi, bilan de compétences…).

Sylvain Bourg- Compagnon

Sylvain Bourg- Compagnon

« J’étais à la rue pendant 2 ans avant qu’Emmaüs Avenir m’ouvre ses portes et me sauve la vie »

Sylvain est compagnon depuis 4 ans, il était à la rue pendant 2 ans jusqu’au jour ou il a entendu parlé de l’association Neuilly Emmaüs Avenir ……..

« Quand je suis venu à Emmaüs, j’étais une personne assez distante à cause du temps passé à la rue, mais très vite les compagnons sont venus vers moi pour faciliter mon intégration. L’esprit Emmaüs est tout d’abord d’aider son prochain sans aucun à priori.

Dans cette communauté l’ambiance est toujours au rendez-vous, les uns et les autres qui s’aident mutuellement dans toutes les tâches, le partage de responsabilités, et surtout la diversité. Cette chaleur humaine qui m’avait tant manqué dans la rue : je l’ai retrouvé au sein de la communauté qui m’a trouvé une place, un travail, un moyen d’épanouissement et en un mot :  »j’ai retrouvé ma dignité par le travail ».

J’ai connu un changement profond au cours de mon séjour au sein de la communauté Neuilly Emmaüs Avenir, je suis devenu plus tolérant, j’ai acquis des compétences et développé un savoir faire. La communauté Neuilly Emmaüs Avenir offre un modèle d’organisation du travail, qui prend en compte les capacités et opinions des personnes qui sont accueilli, et cela a changé mon point de vue et mon regard sur la solidarité.

Il me parait important que les clients sachent que les objets vendus, soutiennent la communauté, tout en permettant ainsi à des centaines de personnes de sortir de la précarité mais aussi de contribuer au développement de projets en insertion.

Les communautés sont des organisations indépendantes, elles ne reçoivent pas de subventions, et sont confrontés comme tout modèle économique à faire face aux difficultés rencontrées.

La survie de notre communauté dépend de l’argent de la vente, j’invite les clients à voir le coté solidaire qui permet à des centaines de personnes de s’épanouir quotidiennement et aussi d’appuyer d’autres projets de solidarité.

Pour finir, j’invite les clients, bénévoles, donateurs à observer le rythme d’une communauté avec bienveillance: de venir avec la bonne volonté car plus vous êtes nombreux plus on est plus fort pour apporter plus de changement.

Le partage, ce n’est pas de prendre 10 francs dans sa poche et de les donner à un pauvre qui en a plus besoin que vous. Le partage, c’est simplement être honnête. C’est peu demander, et c’est déjà beaucoup.